L'Angola autorise les OGM pour deux filiéres agricoles : coton et de graines de ricin
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L'Angola autorise les OGM pour deux filiéres agricoles : coton et de graines de ricin

COASP
20 May 2026
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Le ministère de l'Agriculture a annoncé l'autorisation d'importer et de produire des semences génétiquement modifiées de coton et de graines de ricin avec une précision importante : leur utilisation pour la production d'huile alimentaire reste exclue.

Pendant vingt ans, l'Angola a fermé sa porte aux organismes génétiquement modifiés. Vingt ans de législation ferme, adoptée en décembre 2004, qui interdisait toute production de plantes ou d'animaux OGM sur son territoire.

Et puis, le 15 mai dernier, Luanda a bougé. Selon un communiqué envoyé à l'ANGOP, à titre exceptionnel, est autorisée, l'importation et la production de semences génétiquement modifiées de coton et de ricin exclusivement pour des fins de culture dans le pays, et est exclu son utilisation pour la production d'huile alimentaire.

Pourquoi ces deux filières ?

Le coton : un pari sur la remontée de filière

Le dossier coton angolais est celui d'une ambition contrariée. En 2014, le gouvernement avait lancé un plan de relance avec un objectif clair : 70 000 hectares cultivés, 100 000 tonnes produites par an à partir de 2017. Dix ans plus tard, les données de la FAO racontent une autre histoire : 3 300 tonnes produites en 2024, sur à peine 5 836 hectares. 

Le ricin : le calcul des biocarburants

Le deuxième volet de cette décision est moins médiatisé, mais peut-être plus révélateur des véritables intérêts en jeu. Depuis 2021, l'entreprise pétrogazière italienne ENI travaille en Angola avec l'Agence nationale du pétrole, du gaz et des biocarburants (ANPG) et Sonangol sur la production d'agrocarburants à base de ricin.

Les montants annoncés sont significatifs : au moins 100 millions de dollars pour créer 35 centres agricoles dédiés principalement à cette culture, des unités de trituration pour en extraire l'huile, et une réflexion en cours sur l'implantation d'une bioraffinerie sur place.

Toutefois, l'Angola estime ne pas avoir renoncé à sa prudence. La dérogation est encadrée : les semences autorisées restent soumises à des conditions de réglementation et de contrôle fixées par le ministère de l'Agriculture. L'usage alimentaire est exclu. Le périmètre est défini.

Mais cette décision dit quelque chose d'important sur la manière dont un pays peut naviguer entre souveraineté et pragmatisme industriel mais la vraie question reste entière : qui décide, et au profit de qui ?

Pour l'instant, Luanda a décidé. Les filières textile et biocarburant ont leurs réponses.