5 choses à retenir de la déclaration des jeunes pour transformer les systèmes agroalimentaires
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5 choses à retenir de la déclaration des jeunes pour transformer les systèmes agroalimentaires

COASP
21 Jul 2026
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Du 13 au 17 avril 2026, la Mauritanie a accueilli la 34e Conférence régionale de la FAO pour l'Afrique (ARC34), un rendez-vous majeur où ministres de l'Agriculture et principaux acteurs du secteur se sont réunis pour définir les priorités en matière de sécurité alimentaire, d'agriculture et le Programme de travail et de budget de la FAO pour la période 2026-2027.

Mais cette édition a marqué un tournant : pour la première fois à cette échelle, la voix des jeunes africains a été portée officiellement dans les discussions à travers une Déclaration des jeunes pour la transformation des systèmes agroalimentaires en Afrique présentée le 15 avril lors de la réunion inaugurale du chapitre régional africain du Forum mondial de l'alimentation (World Food Forum).

Cette déclaration est l'aboutissement d'un processus consultatif mené conjointement par le Secrétariat de l'Assemblée des jeunes du World Food Forum et le Bureau régional de la FAO pour l'Afrique. Plus de 1 200 jeunes issus de 48 pays africains y ont contribué à travers une enquête à grande échelle et des sessions de discussion virtuelles. 

Parmi les répondants, l'Afrique de l'Est et l'Afrique centrale sont les régions les plus représentées, et près des deux tiers des participants se identifient comme membres de communautés rurales ou agricoles , un ancrage qui donne à ces recommandations une légitimité directement issue du terrain. 

Le continent compte aujourd'hui plus de 532 millions de jeunes âgés de 15 à 35 ans, et d'ici 2030, environ un jeune sur quatre dans le monde sera africain. Cette jeunesse, rappelle la déclaration, n'est pas seulement bénéficiaire des politiques agricoles : elle en est aussi actrice, innovatrice et porteuse de solutions.

Cinq grands axes de recommandations

La déclaration structure les priorités de la jeunesse autour de cinq grands chantiers.

1. Placer les jeunes au cœur de la mise en œuvre du CAADP. Le Plan d'action du Programme détaillé pour le développement de l'agriculture africaine (CAADP) pour 2026-2035 constitue la feuille de route continentale de transformation agroalimentaire. Les jeunes appellent à mieux faire connaître la Déclaration de Kampala à l'échelon national, à mettre en place des mécanismes de suivi transparents, et surtout à garantir une participation réelle des jeunes dans les instances de décision  via des sièges dédiés, des processus de sélection transparents et un accompagnement renforcé des jeunes représentants.

2. Renforcer la résilience des systèmes agroalimentaires. Les risques climatiques (cités par 80 % des répondants), les chocs économiques et le manque d'accès à l'eau figurent parmi les menaces les plus citées. Les jeunes demandent un investissement accru dans les formations aux pratiques climato-intelligentes, le renforcement des filets de protection sociale pour les agriculteurs, ainsi qu'un meilleur accès au foncier et au financement, en particulier pour les jeunes femmes et les populations vulnérables.

3. Améliorer l'accès au financement. Le manque de garanties, l'absence d'historique de crédit et des politiques foncières restrictives freinent l'accès des jeunes au financement agricole. La déclaration propose la création de plateformes numériques centralisées d'information sur les financements disponibles, des fonds et instruments financiers dédiés aux jeunes, des banques agricoles adaptées aux cycles agricoles, ainsi qu'un appui renforcé aux incubateurs spécialisés dans l'agroalimentaire.

4. Promouvoir une gestion durable des ressources et l'économie bleue. Face à la dégradation des terres et à la pression croissante sur les ressources naturelles, les jeunes plaident pour une agriculture urbaine et périurbaine mieux reconnue, l'intégration des savoirs autochtones aux technologies numériques, et un accompagnement spécifique pour les jeunes des petits États insulaires en développement, particulièrement exposés aux effets du changement climatique sur les écosystèmes côtiers.

5. Renforcer la lutte contre les ravageurs et maladies transfrontaliers. Des espèces invasives comme la chenille légionnaire d'automne continuent de causer des pertes importantes. Les jeunes appellent à un renforcement des systèmes d'alerte précoce, à l'usage de technologies innovantes  dont l'intelligence artificielle  pour la surveillance et la prévision des menaces, et à une meilleure coordination transfrontalière.

La déclaration se conclut par un appel pressant : la jeunesse africaine demande à la FAO et aux États membres de dépasser une représentation symbolique pour aller vers une participation réelle et substantielle aux processus de décision, à tous les niveaux. Elle invite également les organisations de la société civile et les institutions multilatérales à s'associer à cette dynamique de transformation.

Consultez ici : https://youth.world-food-forum.org/docs/devworldfoodforumlibraries/track-youth-assembly/youth-statement-for-the-transformation-of-agrifood-systems-in-africa.pdf